La Loi 96 et votre site web de métier au Québec : ce qui est exigé
Si vous exploitez une entreprise de plomberie, d’électricité, de couverture ou de chauffage-climatisation au Québec et que vous avez un site web, ce site est une publication commerciale au sens de la loi québécoise. La Charte de la langue française encadre la langue que votre entreprise emploie avec le public, et la réforme de 2022 connue sous le nom de Loi 96 (adoptée sous le titre Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français) a resserré plusieurs de ces règles. Ce guide est un résumé simple de ce qu’un propriétaire d’entreprise de métier devrait savoir, tiré des renseignements publics de l’OQLF et d’explications publiques de sources juridiques québécoises.
Ceci n’est pas un avis juridique, et ce n’est pas une opinion de conformité sur votre site en particulier. La Charte, ses règlements et la façon dont l’OQLF les applique peuvent changer, et la bonne réponse pour votre entreprise dépend de faits que ce guide ne connaît pas. Pour tout ce qui entraîne de réelles conséquences, confirmez les règles en vigueur auprès de l’Office québécois de la langue française (OQLF) ou d’un professionnel qualifié, par exemple un avocat ou un notaire. Lorsqu’un point ci-dessous dépend d’une règle ou d’une date d’entrée en vigueur qui peut être modifiée, nous le signalons.
1. À qui ces règles s’appliquent
L’obligation est liée au fait de faire des affaires au Québec, pas à l’endroit où votre entreprise est immatriculée. L’OQLF indique que les publications commerciales des entreprises qui exercent des activités au Québec doivent être rédigées en français, et que cela vise les messages commerciaux sur les sites web des entreprises qui font des affaires au Québec (OQLF, Langue du commerce et des affaires, oqlf.gouv.qc.ca). Pour une entreprise de métier locale qui dessert des propriétaires au Québec, le site web est donc clairement visé. Certaines obligations varient aussi selon le nombre d’employés, si bien que l’ensemble exact des devoirs peut dépendre de la taille de l’entreprise; des résumés juridiques publics font état de seuils liés à la taille (Langlois Avocats, langlois.ca). Si votre taille se situe près d’un de ces seuils, confirmez quels devoirs s’appliquent à vous précisément.
2. Votre site web doit exister en français
La règle de base pour un site de métier est simple : une version française doit être offerte, et ce doit être une version réelle et complète plutôt qu’une page symbolique. Éducaloi, un organisme d’information juridique public, indique qu’une entreprise ayant une présence au Québec et desservant des Québécois doit avoir une version française de son site web, que des versions dans d’autres langues sont permises à côté du français, et que pour le commerce en ligne tous les renseignements liés à l’achat (détails du produit, bons de commande, factures, reçus) doivent être offerts en français (Éducaloi, Language laws and doing business in Quebec, educaloi.qc.ca). L’OQLF présente les consommateurs comme ayant le droit d’accéder à des versions françaises complètes des sites d’entreprises, pas partielles (OQLF, oqlf.gouv.qc.ca).
Pour un site de métier, la lecture pratique est que chaque page destinée à la clientèle a besoin d’un équivalent français : vos pages de services, vos pages de secteur desservi, votre formulaire de demande de soumission ou de contact, et toute page de confirmation ou de remerciement qu’un client voit après avoir envoyé le formulaire. Une page uniquement en anglais, sans équivalent français, est le manque le plus courant.
3. Le français n’est pas une pensée après coup
La Charte ne traite pas le français comme une traduction greffée sur un site anglais. Elle traite le français comme la base à laquelle le public a droit, les autres langues étant permises en plus. Éducaloi note que les versions dans d’autres langues sont acceptables lorsque la version française est de qualité comparable (Éducaloi, educaloi.qc.ca). En clair, une page française visiblement plus mince, plus vieille ou plus brisée que sa jumelle anglaise est précisément le genre de situation que la règle vise à éviter. Si vous tenez les deux langues, gardez-les à parité : mêmes pages, mêmes renseignements, mêmes formulaires fonctionnels.
Comme la « qualité comparable » relève du jugement plutôt que d’une mesure au pixel, voyez-la comme une orientation plutôt qu’un test précis, et confirmez tout cas limite auprès de l’OQLF ou d’un professionnel.
4. Affichage public et publicité commerciale : le français nettement prédominant
Au-delà des simples publications, le Québec applique une norme plus stricte à l’affichage public et à la publicité commerciale, et c’est là que la Loi 96 et ses règlements ont apporté le changement le plus visible. Dans l’affichage public, les affiches et la publicité commerciale, le français doit être « nettement prédominant » par rapport à toute autre langue. Des sources publiques décrivent la définition réglementaire de « nettement prédominant » comme du texte français occupant au moins deux fois l’espace de l’autre langue, avec une lisibilité et une visibilité au moins équivalentes (DLA Piper, Quebec’s language laws changed this week, dlapiper.com; OQLF, oqlf.gouv.qc.ca). Des résumés juridiques rattachent les dispositions actuelles sur l’affichage et la publicité aux articles de la Charte de la série 58 (Langlois Avocats, langlois.ca).
Des sources publiques rapportent que des exigences renforcées pour l’affichage public, les affiches et la publicité commerciale sont entrées en vigueur le 1er juin 2025 (DLA Piper, dlapiper.com). Si votre entreprise fait de la publicité payante, habille ses camions, installe de l’affichage à sa devanture ou dans sa cour, ou pose des bannières promotionnelles visant une clientèle québécoise, cette norme du « deux fois l’espace » est celle à vérifier; et comme elle est fixée par règlement et peut être modifiée, confirmez le libellé en vigueur avant de vous fier à un ratio précis.
5. L’exception de marque de commerce est étroite
Les propriétaires supposent parfois qu’un nom d’entreprise ou un logo en anglais est automatiquement exempté. L’exception est réelle, mais étroite. Des sources publiques rapportent que, depuis le 1er juin 2025, une marque de commerce peut apparaître dans une langue autre que le français sur les produits, les affiches et la publicité seulement lorsqu’il s’agit d’une marque reconnue au sens de la Loi sur les marques de commerce et qu’aucune version française correspondante n’est inscrite au registre des marques, et que tout terme générique ou toute description à l’intérieur de la marque doit tout de même apparaître en français (DLA Piper, dlapiper.com; Langlois Avocats, langlois.ca, qui renvoient aux séries d’articles 58.1 et 68.1). C’est un test juridique précis, pas un laissez-passer général pour une image de marque anglaise. Si vous comptez vous y fier, c’est une question pour un professionnel plutôt qu’une chose à présumer à partir d’un site web.
6. Contrats, soumissions et conditions que le client ne peut pas négocier
Le travail de métier suppose souvent des conditions fixes que le client accepte telles quelles : conditions de réservation ou de service, politiques d’annulation, ententes types. Des résumés publics indiquent qu’un contrat d’adhésion (un contrat type que l’autre partie ne peut pas négocier) doit être rédigé en français, et que le client ne peut choisir une autre langue qu’après s’être vu présenter la version française, sans frais pour la version française (Langlois Avocats, langlois.ca, qui renvoie à l’article 55 de la Charte; OQLF, oqlf.gouv.qc.ca). Pour un site de métier, cela veut dire que toute page de conditions ou de politique qu’un client doit accepter devrait être offerte d’abord en français, l’anglais étant proposé en plus plutôt qu’à la place.
7. Si vous vendez ou étiquetez des produits
La plupart des métiers vendent un service, mais certains vendent ou fournissent aussi des produits (appareils, pièces, unités, matériaux). Des sources publiques indiquent que les inscriptions sur un produit, sur son emballage et sur les documents qui l’accompagnent doivent être en français, les autres langues étant permises sans plus de prééminence, sous réserve d’exceptions définies (Éducaloi, educaloi.qc.ca; Langlois Avocats, langlois.ca, qui renvoie à l’article 51 de la Charte). Si votre site web présente ou vend des produits, la même attente d’un français d’abord s’étend à la façon dont vous les décrivez en ligne. Les règles détaillées sur les inscriptions et le nom des produits ont aussi changé le 1er juin 2025 selon des sources publiques (DLA Piper, dlapiper.com), alors traitez les questions d’étiquetage de produits comme un sujet distinct à confirmer.
8. L’application de la loi, et à qui poser vos questions
L’OQLF est l’organisme qui administre et applique la Charte (OQLF, oqlf.gouv.qc.ca; Éducaloi, educaloi.qc.ca). L’information juridique publique fait état de sanctions financières en cas de non-conformité, avec des montants plus élevés en cas de récidive (Éducaloi, educaloi.qc.ca). Les montants précis figurent dans cette source publique, et les sanctions comme les pratiques d’application peuvent changer, alors confirmez les détails en vigueur auprès de l’OQLF plutôt que de vous fier à cette page. La façon constructive de lire l’application de la loi n’est pas la peur d’une amende, mais le point simple qui la sous-tend : au Québec, un site d’abord en français est la norme attendue, et le bâtir ainsi dès le départ est plus simple que de le rattraper plus tard.
9. Une courte liste pratique pour un site web de métier
En rassemblant ce qui précède, voici les questions qu’un propriétaire d’entreprise de métier peut raisonnablement se poser sur son propre site, toutes sous réserve de confirmation auprès de l’OQLF ou d’un professionnel :
- Chaque page destinée à la clientèle a-t-elle un équivalent français complet, y compris les formulaires et les pages de confirmation ? (Éducaloi, educaloi.qc.ca)
- La version française est-elle réellement comparable à une éventuelle version anglaise, pas plus mince ni dépassée ? (Éducaloi, educaloi.qc.ca)
- Si vous affichez un sélecteur de langue, évite-t-il de présenter l’anglais comme choix par défaut pour une clientèle québécoise ? (Ceci est notre propre lecture du principe du français d’abord ci-dessus, et non une règle précise de l’OQLF sur les sélecteurs.)
- Pour la publicité payante et l’affichage visant le Québec, le français est-il nettement prédominant, selon la norme du deux fois l’espace ? (DLA Piper, dlapiper.com)
- Les pages de conditions ou de politique qu’un client doit accepter sont-elles offertes d’abord en français ? (Langlois Avocats, langlois.ca)
- Si vous vous fiez à une marque de commerce anglaise, avez-vous confirmé que l’exception étroite s’applique réellement à vous ? (DLA Piper, dlapiper.com)
Aucune de ces questions n’exige un avocat pour être repérée. Agir sur elles, et confirmer les cas limites, c’est là qu’un professionnel qualifié ou l’OQLF entre en jeu.
Ce que ça change pour votre site web
Pour une entreprise de métier au Québec, un site web d’abord en français n’est pas seulement une attente légale, c’est aussi la façon dont la plupart de vos clients cherchent et lisent réellement. Un site bâti en français dès le départ, avec une version anglaise complète à côté là où vous en voulez une, tend à être à la fois plus proche de la base fixée par la Charte et plus proche de la manière dont un propriétaire québécois s’attend à ce qu’on s’adresse à lui.
Tradesmaster construit des sites web bilingues pour les plombiers, électriciens, couvreurs et entreprises de chauffage-climatisation au Québec, où la version française est traitée comme un site à part entière plutôt qu’une couche de traduction. Nous sommes une agence de conception web, pas un cabinet d’avocats, et rien ici ni dans notre travail n’est un avis juridique : les questions sur vos obligations précises reviennent à l’OQLF ou à un professionnel qualifié. Si vous voulez un regard franc (un regard de conception, pas une vérification de conformité juridique) sur la question de savoir si votre site actuel est bâti d’abord en français comme devrait l’être un site de métier au Québec, dites-nous en plus sur votre projet à l’aide du formulaire sur cette page.
Des sites conçus pour votre métier
La Loi 96 s’applique différemment selon la façon dont votre entreprise soumissionne et contracte. Voyez les métiers pour qui nous bâtissons, dont nos sites web pour électriciens et entrepreneurs généraux.